fév 10 2012
Toulon et le syndrome « Fringe »
Les deux articles publiés par Var Matin ce vendredi 10 février 2012, sur le dynamisme commercial et culturel de Toulon, me font penser à la célèbre série télévisée américaine dénommée «Fringe».
A les lire en effet, il semblerait qu’il y ait dans notre ville deux univers parallèles.
Pour certains, Toulon « bouge » et « avance ». Et s’il est vrai que des choses bougent, il s’agit le plus souvent d’un « minimum syndical », tant notre retard est dantesque !
Dois-je rappeler, à titre d’exemple, que l’ouverture du Théâtre Liberté est tout sauf un luxe : cet équipement « partage » une Scène nationale en deux, avec Châteauvallon, après que, en 20 ans, 70 autres villes, je dis bien 70, l’aient obtenu depuis longtemps. Le retard était tellement latent que même sur le site officiel des scènes nationales, Toulon n’apparaît pas encore…
Je crains que les artistes interrogés par Var Matin n’expriment pas une opinion majoritairement partagée sur la situation de la culture dans notre ville. Pour ma part, je reçois régulièrement des artistes qui se plaignent de ne pas disposer en nombre suffisant des lieux vivants que devrait proposer la 15e ville de France, pour pouvoir exprimer leurs ambitions et leurs talents.
Les Toulonnais savent-ils que lorsque l’on ouvre trois boutiques de « luxe » à Toulon, on en ferme largement plus dans ce coeur de ville « qui prospère » ? Autant de projets de nos jeunes entrepreneurs détruits en à peine quelques mois, autant de ces commerces de notre basse ville fermés et murés depuis des décennies, de ces cinémas qui ferment les uns après les autres ?
Savent-ils aussi que, dans le même temps, ce sont trois musées nationaux qui se créent à Marseille, ville pourtant si décriée, un équipement culturel national qui se crée ou fait l’objet d’une complète rénovation à Aix-en-Provence, Arles, La Ciotat ?? Que des dizaines d’équipements et de festivals de renommée nationale irradient le Grand Sud Est, alors que le retrait de TPM de Marseille 2013 prive des acteurs toulonnais de grande qualité, comme le CNCDC, la Villa Tamaris, la Villa Noailles, la SMAC Tandem, pour ne citer qu’eux, des retombées exceptionnelles de cette manifestation…
Toulon peut hélas faire sien l’adage d’un ancien humoriste : « la culture c’est comme la confiture, moins il y en a dans le pot et plus on l’étale sur la tartine ». Maigre pitance…
Il est vital pour notre ville de créer les conditions d’un mieux-être urbain, qui passe, nous le disons inlassablement, par une autre vision de l’aménagement et du dynamisme économique sur Toulon.
S’il est heureux de pointer « le retard phénoménal en matière de transports », évitons les faux fuyants : Hubert FALCO est aux manettes à Toulon depuis… 2001, et les années Arreckx, c’était il y a 30 ans… En dix années, que d’indécisions, et quel criant manque d’audace politique !!
Un journalisme à la fois mieux informé et plus irrévérencieux, ce qui est normalement dans ses gênes, ferait plus sûrement avancer la cause culturelle de Toulon.
Robert ALFONSI
Président du Groupe Socialiste, Radical et Républicain - Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur
Conseiller municipal de Toulon, Conseiller communautaire
Candidat aux élections législatives 1ère Circonscription du Var




