Dans votre édition du Var Matin du Mercredi 4 mars vous nous informez que dans notre ville, malgré la crise, un millier de logements sont en construction.
Vous constatez aussi « que les promoteurs occupent la place toulonnaise ».
Cette situation de construction massive contraste avec la faiblesse de l’offre de logement social dans notre ville.
Nous avons plusieurs fois en Conseil municipal, émis la proposition de bon sens qu’il nous faut , dans une ville au foncier rare, conditionner tout permis de construire à quota de logement social dans le programme car c’est la seule mesure qui permettra de résorber dans la durée le déficit de logements sociaux qui pénalise durement les familles toulonnaises.
Dois je rappeler que prés de 6 000 demandes sont toujours en attente ?
Dois je rappeler que dans les programmes lancés actuellement on constate que la plupart de ceux-ci ne correspondent pas au profil social de nos concitoyens ?
Pour exemple il est proposé un deux pièces pour 162 000€, un quatre pièces pour 380 500€… Ces prix reflètent ceux se situant dans la fourchette des tarifs de la plupart des programmes en cours.
Il est aisé de comprendre que la majorité de nos concitoyens sont dans l’impossibilité d’accéder à un logement, et le sera d’autant plus que les programmes actuels vont peser lourdement sur l’offre locative dans les mois à venir.
Dans un même temps, nous pouvons prendre connaissance des déclarations de Monsieur l’Adjoint à l’Urbanisme qui se félicite du retour des promoteurs dans notre cité depuis huit ans et nous serions satisfaits de partager son contentement si les produits et programmes proposés correspondaient au profil de nos concitoyens.
Mais tel n’est pas le cas comme en témoigne la réalité du quotidien.
On pourrait se satisfaire avec lui si dans nos permanences d’élus nous n’étions quotidiennement assaillis par des lettres et des propos de familles disposant pourtant de revenus et dans l’incapacité , sinon au prix de trop lourds sacrifices, d’accéder à un logement décent .
On pourrait se satisfaire avec lui si à chacune de mes interventions pour ces familles on ne me répondait pas du côté de l’Office HLM de Toulon qu’il n’est pas possible de satisfaire à ces demandes.
Il est temps qu’aujourd’hui la municipalité comprenne que notre ville est composée en grande majorité de personnes aux revenus modestes, « 78% des toulonnais sont éligibles au logement social » et qu’il doit être une priorité de construire aussi pour eux.
Il est temps que la municipalité toulonnaise reprenne à son compte la proposition des élus de la Gauche toulonnaise d’exiger l’application du quota de 20% de logements sociaux dans chaque programme de construction, ce dispositif est déjà mis en place depuis plusieurs années dans la plupart des grandes villes de notre Pays, qu’est ce qui nous empêche d’en faire autant ?
Si le Maire de Toulon décidait enfin de mettre en application cette proposition, nous serions les premiers à le soutenir.
Robert ALFONSI
Président de groupe de la Gauche Toulonnaise au Conseil municipal.
Vice président du Conseil régional