Deux enquêtes parues récemment dans votre quotidien nous alertent sur la situation économique du département et particulièrement de la Métropole Toulonnaise. En premier lieu, les données du Pôle Emploi révèlent que le travail rémunéré correctement et permettant de vivre dignement devient une denrée rare. Ensuite, les statistiques de l’INSEE établissent que l’agglomération de TPM est la dernière de France pour les fonctions métropolitaines. En effet, seulement 5,5% des emplois de ce territoire correspondent à la norme métropolitaine. Ce qui signifie que l’emploi créateur de valeur ajoutée, irriguant un territoire, le dynamisant, est aujourd’hui dans notre département un phénomène marginal.
Les emplois disponibles se caractérisent par la précarité, la sous-rémunération et la sous-qualification. Ces emplois contribuent, certes, à la baisse relative du chômage mais induisent par leur ampleur, la paupérisation du monde du travail et de nos bassins de vie. Ajoutez à cela un coût de la vie plus élevé que dans le reste du pays; notamment pour le logement, et on comprend mieux le malaise de ce nouveau salariat.
Le rôle des politiques publiques, c’est de ne pas se satisfaire de cette situation qui s’apparente à un cache-misère mais de créer les conditions d’un développement économique plus équilibré rompant avec la facilité d’une économie basée sur le tout tourisme et l’immobilier dont on mesure la fragilité.
Si notre département n’enraye pas la spirale de l’appauvrissement par une politique dynamique de formation, de diversification des activités par un soutien à l’innovation, à la recherche, par des transports modernes, nous serons condamnés comme nous le sommes aujourd’hui, à être les derniers de la classe. Le maire de Toulon, Président de TPM relève que l’« Etat ne nous aide pas beaucoup ». Cet aveu, pour celui qui était, il y a encore quelques semaines, Ministre et membre de la majorité est un sévère constat d’échec. Il faut « aider l’Etat à nous aider » par des projets, de l’imagination et des mobilisations.
Dans notre pays, la dynamique est en marche mais ceux qui stagnent vont rapidement décrocher. Les statistiques du Pôle Emploi et de l’INSEE arrivent au bon moment pour que la prise de conscience soit collective sinon les conséquences sociales et politiques seront lourdes et durables. Nous en avons eu un aperçu avec les résultats des dernières élections cantonales marquées par une abstention record et la montée du Front National.
Communiqué de presse de Robert ALFONSI
Président du Groupe de la Gauche Toulonnaise
Président du Groupe Socialiste, Radical et Républicain au Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur