Var Matin récidive. Dans son édition du Grand Toulon du 15 décembre dernier le quotidien affichait sans vergogne sa “neutralité” de droite dans un article d’une quasi pleine page consacré aux cantonales 2011 et intitulé “Toulon 9 : une zone en pleine mutation“. Celui-ci débutait ainsi de manière fort objective : “Aucun autre canton n’a connu pareille transformation depuis 2004“… Aucun bilan exhaustif et concret ne venait appuyer ces dires.
Ce vendredi 28 janvier, rebelote.
Dans un nouvel article consacré au 9ème canton de Toulon et intitulé “Tout le monde ne veut pas prendre sa place”, Var Matin continue de tresser des lauriers au candidat UMP sortant (Tiens, pourquoi lui, tout spécialement d’ailleurs ?) : “En l’absence de candidat centriste, il a toutes les chances de l’emporter, prime au sortant et présence sur le terrain aidant.” Plus loin : “Certes, le sortant est aussi adjoint au maire et accomplit un travail de proximité de tous les instants”. Et pour conclure : “(…) la majorité (pour ne pas dire l’UMP) va devoir sortir le grand jeu et convaincre les citoyens que le travail sur l’est de la ville ne peut s’achever correctement qu’en confortant ceux qui l’ont commencé”. On attend à nouveau qu’un bilan concret fasse état de ce “travail sur l’est de la ville” et si travail il y a, quelle est la part qui relève de l’Europe, de l’Etat, de la Région, de TPM, du Département, de la Ville et de partenaires semi-publics ou privés (et le cas échéant lesquels) ?…
On croit réver ! Depuis des années, Toulon est verrouillée par une droite archaïque qui posséde les pleins pouvoirs à la mairie, au Conseil général et à la Communauté d’agglomération (TPM) et qui, pour faire “mousser” un bilan bien mince, pratique la méthode Coué et s’efforce d’entretenir les faveurs de la presse locale.
En 2009, les sénateurs socialistes pointaient fort à propos : “(…) il est connu et établi que, dans notre pays, de nombreuses entreprises éditant des titres de presse d’information politique et générale ou des services de radio ou de télévision à forte audience sont économiquement contrôlés par des groupes dont une part significative des revenus est gérée par des contrats avec des organismes publics (Etat, collectivités locales, établissements ou entreprises publics)“.
Cette droite d’obédience sarkozyste qui règne sans partage sur l’agglomération, le département et la ville, a un vrai problème avec la modernité.
Alors que son centre ancien et ses quartiers populaires sont en proie à un habitat dégradé et à un taux de chômage élevé, Toulon est enkylosée par une gestion clanique et clientélaire qui la fait décliner tous les jours un peu plus en accentuant les injustices entre ses territoires.
Dans le droit fil d’un vieil adage maritime “Peinture sur m…. égale propreté” des travaux de voirie et d’embellissement conduits à tout crin et à l’emporte-pièce dans le centre ville, pour masquer probablement la dégradation du bâti et l’habitat indigne, tiennent lieu de “politique structurante”.
Asphyxiée par la pollution atmosphérique liée à un trafic routier qui n’est pas régulé, l’agglomération toulonnaise dont les transports en commun sont actuellement englués dans la circulation, a besoin d’un tramway sur rails. Elle en a besoin pour requalifier et désenclaver des zones urbaines en déshérence et développer un emploi en berne. Elle a besoin de logements. Elle a besoin d’être vivifiée par sa jeunesse laborieuse et estudiantine. Elle a besoin de réalisations architecturales contemporaines audacieuses.
L’agglomération toulonnaise a tout bonnement besoin d’entrer dans le XXIème siècle comme beaucoup d’autres agglomérations de taille et de moyens comparables ont su le faire !
HD
PS : En page 8 du quotidien de l’édition du Grand Toulon de ce vendredi 28 janvier figure aussi un article intitulé “Laurent Pozzi-Pasquier lance sa campagne.” On y trouve comme trop souvent un commentaire désobligeant à l’égard des candidats de gauche. Laurent Pozzi-Pasquier est taxé de façon fort anodine de “jeune loup“. Sous entendu un jeune homme aux dents longues, un Rastignac, un arriviste, prêt à faire n’importe quoi pour arriver à ses fins…. Laurent Pozzi-Pasquier n’en déplaise à Var Matin n’a qu’une belle ambition, et elle est de nature politique, c’est de contribuer à mettre fin au repliement de la ville sur elle-même.
Télécharger l’article “édifiant” de Var Matin