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Intervention de Robert Alfonsi au Conseil Municipal du 27 mars

Tag: Communiqués, EducationHenri Doërr @ 10:39

Conseil Municipal de Toulon du Vendredi 27 mars 2009

Lors du débat d’orientation budgétaire j’avais souligné l’aggravation de la situation économique et, dans ce contexte, précisé de mon point de vue le rôle des collectivités locales.

D’abord : Amortir le choc de la crise et d’un même mouvement anticiper la reprise de l’activité.

Si en novembre 2008 la France frôlait la récession, depuis elle y est entrée brutalement.

L’ INSEE nous annonçant même pour cette année une baisse de 3% de notre PIB ce qui est du jamais vu depuis l’après guerre.

Ces chiffres abstraits ont des conséquences bien concrètes pour nos concitoyens.

Ainsi sur ces derniers mois, ce sont 3 000 chômeurs supplémentaires par jour qui s’inscrivent au pôle emploi. En novembre c’était 1 500 inscriptions quotidiennes, c’est dire l’aggravation rapide de la situation.

A ce rythme au 1er semestre ce sont 500 000 personnes qui auront perdu leur travail.

L’offre d’emploi dans notre département a chuté de 35% pour le seul mois de janvier et le 1er trimestre s’annonce, d’après la DDTE, catastrophique.

La situation est tellement grave que des économistes n’hésitent plus à dire que ce n’est pas une crise habituelle, celle que le capitalisme affronte à intervalle régulier (bulle internet, immobilière ou autres) mais tout simplement une catastrophe dont on n’est capable aujourd’hui de mesurer ni l’amplitude ni le terme.

Nous savons que gouverner dans un tel contexte n’est pas chose facile et je me garderais de la démagogie qui est une insulte à l’intelligence.

Toutefois je pense qu’au regard du risque que l’économie ne dévisse durablement, le plan gouvernemental est totalement insuffisant (moitié moins que la RFA ou la Grande Bretagne).

Le chiffre annoncé de 26 milliards est en trompe l’œil.

Pour 10,5 milliards aux entreprises et 2,5 milliards aux collectivités locales ce qui nous réunit aujourd’hui, ce plan consiste en des remboursements anticipés de TVA, ce qui est une bonne mesure pour la trésorerie des uns et des autres mais ne se traduira pas par une hausse correspondante de la dépense finale.

Reste en fait 13 milliards, or une grande partie de ces dépenses sont des anticipations d’investissements prévus pour 2010 , de ce point de vue c’est plus un programme de deux ans que d’un an.

On retrouve donc une injection nette de 6,5 milliards d’euros ce qui est très faible et ne devrait avoir qu’un faible impact sur la croissance (je signale que la dernière livraison de l’INSEE qui chiffre à 3% le déficit de la croissance inclut les mesures gouvernementales c’est dire !)

Peut-on aujourd’hui mesurer l’effet dévastateur sur le moral du pays que produirons la litanie des annonces mensuelles de la montée inexorable du chômage, et notamment celui des jeunes dont le nombre de demandeurs d’emploi s’accroît de 8% en janvier.

Personne ne peut dire l’état de notre pays face à ce qui s’annonce come une gigantesque crise sociale.

C’est pour toutes ces raisons que des mesures fortes et à effet immédiat s’imposent.

Pour soutenir l’investissement, celui de nos PME PMI prioritairement mais aussi pour maintenir le pouvoir d’achat des ménages.

Face à cette crise nos collectivités locales ont un grand rôle à jouer.

Dans le cadre de nos compétences, dans le domaine où nous avons le savoir faire et la réactivité nécessaires en maintenant, voire en augmentant, notre niveau d’investissement.

Alors que le secteur privé déraille l’investissement public est plus que jamais nécessaire.

C’est pour cela que nous avons dit nos inquiétudes quand nous avons constaté dans le budget 2009 une baisse des dépenses d’équipements de 10%, ce n’était pas le bon moment.

Pour atténuer l’impact de la crise, notamment pour les plus modestes de nos concitoyens, nous vous soumettons quelques propositions opérationnelles et pratiques.

En matière de logement qui est avec l’emploi la préoccupation prioritaire des toulonnais :
- conditionner tout permis de construire à quota de 20% de logements sociaux dans le programme,
- pour les personnes à faibles revenus dont les dépenses de loyer excédent 30% des ressources nous pourrions expérimenter une aide qui prendrait la forme d’un versement variable et limité dans le temps (12 mois).
- Nous pourrions aussi réfléchir à l’instauration d’un micro crédit social dont le crédit municipal aurait la gestion et qui permettrait aux plus démunis d’emprunter de 300 à 3 000 euros sur 36 mois et de leur éviter aussi le recours au crédit revolving dont les effets pervers sont régulièrement dénoncés.

De même la question de la gratuité de la cantine scolaire ou au moins des tarifs minimum très bas, de l’ordre du symbolique se pose.

Dans le même ordre d’idée il faut poursuivre et accélérer le développement des structures en faveur de la petite enfance.

Et enfin maintenir les aides aux associations de proximité qui sont un maillon indispensable de la solidarité.

Sur ce point précis, autant je constate pour m’en féliciter, que notre ville ne baisse pas la garde, autant je suis inquiet et perplexe face au désengagement du Conseil général.

Deux exemples récents, parmi de nombreux autres, légitiment mon inquiétude :
- le refus du Département de poursuivre le financement des classes vertes,
- l’annonce faite au Relais Peiresc de la suppression de sa subvention (30 000€)

Cette attitude paradoxale du Conseil général, dans ce moment particulier, n’est pas de nature à rassurer et mobiliser un monde associatif dont l’action est plus que jamais nécessaire.

Mes chers collègues la crise que nous traversons est inédite, elle appelle beaucoup de modestie de la part des politiques qui pour la plupart ne l’ont pas vu venir, mais elle commande aussi des mesures énergiques, et de bon sens, à tous les niveaux de l’action publique.

Dans mon intervention j’en ai proposé quelques unes qui dépendent de nous ici et maintenant, mais je veux dire solennellement que nous soutiendrons celles que vous prendrez et qui contribueront à atténuer l’effet de la récession sur les toulonnaises et les toulonnais.

Robert ALFONSI

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